Si j'avais du faire un journal de bord ou quelque chose dans le genre, je pense que je n'aurais jamais autant écrit que pendant ces deux dernières semaines. Je pense qu'il n'aurait jamais été autant rempli de bonheur. Est-il vraiment nécessaire de revenir sur ces derniers jours de l'année scolaire ? Sur ces jours que l'on pourrait qualifier de merveilleux, géniaux, réjouissants et j'en passe ? Sûrement oui. Je l'ai probablement déjà dit à tout le monde, mais je ne me suis jamais sentie aussi bien dans une classe que pendant cette dernière petite semaine de cours. Est-il commun de faire un b½uf en plein milieu de la cour du lycée, en plein milieu d'une salle de cours, ou mieux, dans la rue, devant le lycée ? Non, je ne crois pas. Revivrai-je quelque chose du genre un jour ? Certainement pas non plus. Ces derniers jours n'ont été qu'éclats de rire et bonheur retrouvé. D'accord, au fond, à l'intérieur, rien ne changeait, c'était toujours ce passé qui rattrapait le reste, ces soirées d'angoisses qui s'imposaient, mais l'extérieur, lui, au moins, faisait bonne figure. Passée la nostalgie, les regrets sont arrivés bien plus vite que je ne le pensais et l'impression d'avoir loupé quelque chose m'a envahie et m'envahit toujours. Pourquoi est-ce que je n'en ai pas profité plus tôt ? Qu'est-ce qui pousse l'être humain à se morfondre dans sa situation, dans ses problèmes personnels pour louper quelque chose de grandiose, d'exceptionnel ? Je ne saurai probablement jamais, mais au moins, j'ai appris quelque chose grâce à cette année, quelque chose que je vais essayer d'appliquer à l'avenir. Quoi qu'il arrive, quelques soient les problèmes qui m'envahissent ou même qui m'anéantissent, il n'y a pas de raison pour que j'oublie ce qui se passe autour et ce qui peut me faire sortir la tête du trou. J'aimerais m'excuser, j'aimerais dire à tout ceux avec lesquels j'ai été stupide, méchante ou même égoïste que tout ça, je ne le contrôlais pas, mais au fond je pense que ce ne serait pas honnête. J'ai conscience de tout ce que j'ai fait et dit et je remercie tous ceux que j'ai pu toucher ou vexer d'être toujours là, même dans l'ombre et de ne pas être partis au pire moment. Parce que moi, à leur place, j'aurais vite été blessée par ce comportement et je serais probablement partie.
Faut-il également revenir sur ce pique-nique des Seconde sept en plein parc de l'Europe ? Je crois que oui. On pourrait revenir sur la baignade dans les fontaines, sur la montée de l'araignée ou encore sur les va et vient des balançoires. Mais le plus grand souvenir de cette journée restera, pour moi, cette longue marche pieds nus sous la pluie le long du cours Fauriel jusqu'à l'arrivée chez moi, lieu de refuge pour une petite vingtaine de personnes de la classe : toasts à la Seconde Sept, morceaux de piano et séchage au soleil. Inutile de préciser que la maison m'a paru extrêmement vide après le départ de tout le monde et que cette douce mélancolie qui s'est emparée de moi à ce moment là m'a enfin fait comprendre que ça y était, c'était fini. Je me suis revue à ce moment de l'année, douze mois auparavant et j'ai eu la vague impression que tout ça, c'était à des années lumières. Quelqu'un se rappelle-t-il encore du sentiment qu'il a éprouvé à sa sortie du collège, après avoir passé une année au lycée ? Peur, nostalgie, quelque chose comme ça. Moi, je ne voulais pas quitter tout ça, la simple idée de me séparer de ma bande d'amis me rendait nerveuse et m'angoissait à tel point que je me disais "Finalement, c'est pas si mal le collège". C'est là que je me rends compte que je peux être incroyablement idiote parfois. Alors voilà, on est au lycée, pour deux ans encore si tout se passe bien et je sais très bien que dans deux ans, ce sera exactement la même chose et que je me dirai "C'était cool, le lycée". Et que je regretterai. Cercle vicieux ? Sûrement. Alors voilà, c'est bien tout ça, on continue à se voir, à aller boire des coups en ville, on se croise en allant rendre nos livres et en allant se réinscrire, on se voit parfois dans la rue et on sourit parce que quand même, qu'est-ce qu'on est contents de se revoir.
On a également pu se croiser à la fête de la musique, d'ailleurs, on aurait pu y aller ensemble, non ? Mais non. La fête de la musique, je l'ai passée avec "les anciens", du moins, j'ai essayé puisqu'on s'est retrouvé à quatre, non, trois, puis deux, finalement. A bien y réfléchir, ce n'était pas une mauvaise soirée, surtout pour une certaine personne qui a pu en croiser une autre deux fois, c'était plus que ce que l'on pouvait imaginer !
Il ne faut pas oublier non plus la soirée crêpes tard dans la nuit précédente avec l'action vérité plus que ridicule et le film qu'on n'aura même pas vu, finalement.
Et puis j'ai passé une première semaine complète de vacances ... Disons ... Géniale, puisque j'ai pu voir toutes les personnes qui comptent énormément pour moi. Les vieux comme les récents, chez eux comme chez moi. L'après-midi geek avec Nicolas, puisqu'on ne change pas les bonnes habitudes ! (Oui oui, tu t'es amélioré à la guitare !) L'après-midi glandage au soleil, place du Peuple avec une boite pleine de muffins et de cookies en compagnie de Noémie, parce que là non plus, on ne change pas les bonnes habitudes ! Puis les deux incroyables nuits et jours chez Mélanie qui, il faut l'avouer, a surtout une incroyable piscine où j'ai, il faut également l'avouer, passé un temps incroyable et où j'ai fait plus ample connaissance avec des gens que j'apprécie réellement désormais. J'aurais pu être triste de partir de cet endroit où j'ai passé des moments géniaux mais à peine suis-je arrivée chez moi que je suis repartie pour la fameuse soirée mexicaine, à cinq, chez Clémentine. Pour ne citer que lui, je dirais que Raie-mon a été un compagnon exemplaire et que l'idée de le savoir désormais dans une quelconque déchèterie me brise le c½ur ! On passera l'éponge sur cette inoubliable bataille de fajitas et sur cette nuit plutôt courte et agitée, intérieurement.
Alors voilà, entre tout ça il y aura eu le passage plus que nécessaire chez le coiffeur, l'ouverture des soldes, les quelques heures de sommeil, et l'oubli du reste, pour quelques jours au moins.
Tout ça doit commencer à devenir franchement long et je doute encore que certaines personnes s'amusent à tout lire (S'il y en a encore, je les remercie !) mais il faut évidemment que je mette un point d'honneur sur ces rencontres qui ont changé ma vie, cette année et qui m'ont aidé à m'en sortir ou à ouvrir les yeux sur certaines choses dont je n'avais même pas conscience il y a une dizaine de mois : Elsa, Noémie, Mélanie et Nicolas, pour ne citer qu'eux. Merci également à ceux qui sont là depuis très longtemps et qui me supportent quand même, notamment à la demoiselle avec laquelle je vais draguer les anglais pendant deux semaines à la fin du mois d'août et que j'ai embêtée toute l'année pendant mes cours de djiboutain (Même si la gentillesse est une chose réciproque, dixit Mme Balieva) et au jeune homme qui me considère comme la pureté de l'amitié, évidemment !
Et puis de toute façon, même si au fond ça ne va pas vraiment, on s'en fiche puisque c'est les vacances, qu'il fait beau et que demain, il me manquera deux dents et que j'aurai perdu momentanément l'usage de mes mâchoires, ça va faire mal !
Peace.
Et on n'oublie pas ... Tu me files ton dentifrice ?